En mai, Nature Writing à l’honneur !

Au mois de mai la littérature américaine, et particulièrement celle des grands espaces (nature writing) est mise à l’honneur à la librairie, répondant sans doute à un besoin de nature, de chevauchées, d’horizons embrasés… Autant vous dire que ça sent la poudre fraîchement expulsée d’un Long Rifle, les foins reposant dans des granges perdues au milieu d’immenses champs, le bois mouillé de bière des saloons… C’est aussi l’occasion pour nous de vous présenter : – la remarquable maison d’éditions Gallmeister pour qui les “auteurs américains décrivent et interrogent les beautés et les contradictions de leur immense territoire et de ses habitants.” – la prestigieuse collection Terres d’Amérique chez Albin Michel qui contient quelques trésors.

Ce sont de véritables merveilles de littérature que l’on vous propose de découvrir :

Le sillage de l’oubli

Le sillage de l’oubli est de ces romans américains qui se déguste à petites gorgées de whiskey. Dans cette Amérique profonde du debut du XXe siecle, on convoite les lopins de terre comme les femmes, avec la même ardeur et la même saveur aigre de la revanche…

Quelques paroles et regards s’échangent dans des nuages de poussière, entre des hommes aux coeurs labourés comme leurs champs et des femmes aux odeurs entêtantes…quelques paroles et quelques regards portés par le souffle puissant des chevaux racés…quelques paroles parfois crachées avec le jus de chique qui mousse à toutes les bouches… Que reste-t-il dans le sillage de l’oubli ? Sans doute ce que le temps même n’a pu éteindre… Une écriture enivrante, animale, puissante, somptueuse, qui n’est pas sans rappeler W.Faulkner.

Le sillage de l’oubli, Bruce Machart, traduit de l’américain par Marc Amfreville, éditions Gallmeister, 10.50 €

L’homme qui marchait sur la lune

Depuis 5 ans, William Gasper sillonne seul un vaste territoire hostile, la Lune, sorte de no man’s land rocailleux, escarpé, au milieu de nulle part. L’homme a fait la guerre de Corée, ce qui a sans nul doute contribué à lui forger un caractère plutôt froid et méthodique, utile pour rendre quelques “services” pas franchement moraux…

Cela aurait-il un lien avec la présence d’une silhouette qui semble le suivre depuis le fonds de la vallée ? La longue promenade que vous vous apprêtez à faire n’est pas de santé, la route risque de vous sembler longue et dangereuse…pourtant ne lâchez pas d’une semelle l’homme qui marchait sur la lune, lui seul connaît le chemin vers les étoiles !

L’homme qui marchait sur la lune, Howard McCord (traduit de l’américain par Jacques Mailhos), éditions Gallmeister, 7 €

Les arpenteurs

Le jour où les flics viennent arrêter John Gload, un septuagénaire accusé de nombreux meurtres, celui-ci les attend sagement assis sur sa véranda à contempler ses pommiers. Val Millimaki, de garde dans la prison où le vieil homme est incarcéré dans l’attente de son procès, est chargée de recueillir les aveux.

Contre toute attente, les deux hommes partagent une certaine vision de l’existence et se découvrent des coïncidences de vie sans se l’avouer : très vite, une entente silencieuse, sorte d’amitié qui ne dit pas son nom, se noue entre les deux hommes. Mais ce lien dérange les supérieurs de Val qui se contenteraient de pendre haut et court les criminels dans le genre de John Gload…

Dans la beauté omniprésente des paysages du Montana, empreints d’une mélancolie poétique, quelle route finale arpenteront les deux hommes ? Un premier roman magnifique !

Les arpenteurs, Kim Zupan (traduit de l’américain par Laura Derajinski), éditions Gallmeister, 9.50 €

My absolute darling

Turtle est le personnage le plus marquant des romans de ce début d’année et le talent de l’auteur est proprement époustouflant.

My absolute darling peut se lire comme un roman d’apprentissage, comme l’histoire d’une ado vraiment malmenée par un père aimant -trop aimant et monstrueux- qui grâce à des rencontres salvatrices, et un courage hors norme va s’engager sur le chemin de la libération. Sur cet itinéraire semé d’embuches, le lecteur va accompagner la jeune Turtle, en passant du huit clos oppressant aux espaces extérieurs magnifiquement décrits.

Gabriel Tallent a mis 8 ans à écrire ce premier livre inoubliable, alors ne passez pas à côté de cette histoire puissante qui met en scène avec force et finesse la relation troublante entre Turtle et son père. Le tout, dans le cadre majestueux, sauvage et âpre du nord de la Californie -qui devient un personnage à part à entière. My Absolute Darling est une révélation.

My asbolute darling, Gabriel Tallent, Gallmeister.

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