Ete 2018 : Pour des vacances engagées !

Nos

coups de coeur de l’été…

…pour des vacances engagées !

Patria

Patria n’est pas un roman historique. Il revient cependant, à travers le portrait intimiste de deux familles, sur les 40 ans de violence qui ont gangréné la vie sociale, politique et familiale d’un village près de San Sebastien.

Au début du roman, dans les années 2010, l’organisation séparatiste basque (l’ETA), a rendu les armes et Bittori, dont le mari a été assassiné par un commando terroriste, retourne dans son village et attend qu’on lui demande pardon. Le fils de sa meilleure amie Miren, impliqué dans l’attentat, croupit depuis en prison.L’arrivée de la victime rappelle néanmoins les luttes fratricides, bref, elle dérange…. Dans ce copieux roman de 600 pages, découpé en minis chapitres, Fernando Aramburu donne la voix à tous les membres de la famille de Bittori et à ceux de la famille de Miren. Fernando Aramburu ne juge pas ses personnages : les victimes ne sont pas toutes blanches et ceux qui se sont laissé endoctriner ne sont pas des monstres.

Le propos de Patria, qui vient d’obtenir le prix Strega du Conseil de l’Europe, dépasse largement le cadre du pays basque : c’est un livre important sur la violence, le pardon et le chemin difficile vers la réconciliation. Conseil pour la lecture: Ne baissez pas les bras, les 60/70 premières pages sont un tantinet déroutantes.  Surtout, ne vous sentez pas obligés de vous reporter au glossaire pour apprendre le basque….Ce roman est un puzzle et les pièces se placeront facilement dès que vous entrerez dans le quotidien des deux familles. Michèle

Patria, Fernando Aramburu (traduit de l’espagnol par Claude Bleton), Actes Sud, 25 €

Mille petits riens

Mille petits riens nous fait entendre trois voix.

Celle de Ruth, une noire américaine, infirmière reconnue pour sa compétence, qui travaille dans une maternité.

Celle de Turk, un suprémaciste blanc, mariée à une suprémaciste blanche.

Enfin, celle de Kennedy, une avocate brillante (blanche) pétrie d’idéaux de justice.

Lorsque la femme de Turk a mis au monde son bébé dans la maternité où travaille Ruth, le couple va bien sûr interdire à tout « African American » de toucher l’enfant. Sauf que le bébé va faire un malaise mortel dans une salle où seule Ruth peut intervenir…Voilà pour les premières pages d’un roman palpitant, inspiré d’un fait divers réel. Dans ce long récit, c’est tout un pan de l’histoire de l’Amérique que Jodi Picoult explore à travers les points de vue des trois personnages. Et à chacun sa vérité……

500 pages qui se dévorent , pour connaître l’issue du procès qui oppose le couple à Ruth, et pour en apprendre beaucoup sur la nébuleuse des groupuscules racistes et sur le système judiciaire américain. Il y a 50 ans, Martin Luther King était assassiné à Memphis.

Ce beau livre nous rappelle que la lutte contre la discrimination des noirs est toujours d’actualité.
Le titre original « Small great things » est d’ailleurs tiré d’une phrase de MLK « If I cannot do great things, I can do small things in a great way/ Si je ne peux pas faire de grandes chose, je peux faire de petites chose de manière grandiose… » Michèle

Mille petits riens, Jodi Picoult (traduit de l’américain par Marie Chabin ), Actes Sud, 23.50 €

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