Ete 2018 : pour des vacances intrigantes !

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Coups de coeur de l’été…

Pour des vacances intrigantes !

Kisanga

Comme dans Terminus Beltz et Les Salauds devront payer, ses précédents romans, Emmanuel Grand utilise les codes du thriller pour dire quelque chose du « réel ». Kisanga est le nom du gisement minier fabuleux au Congo.Le roman démarre au musée de la Marine pour célébrer le mariage entre un fleuron de l’industrie minière française et un géant chinois qui vont conjointement exploiter et tirer le maximum de profits d’un gisement de cuivre congolais.

Avec son talent littéraire et son intelligente lucidité Emmanuel Grand construit une histoire où plusieurs intrigues s’imbriquent avec brio.  Des barbouzes sans scrupules, des Chinois qui font fi des droits de l’homme, le lobby industriel qui fait pression sur le pouvoir politique, un ingénieur qui découvre des zones d’ombre au sein de l’entreprise qui l’emploie, des financiers de la City avides de profits, et pour finir, un journaliste lanceur d’alerte qui prend tous les risques pour que la vérité sur des malversations éclate….

Bref, espionnage, corruption, enquête, le tout sur fond de mondialisation qui ne se soucie pas vraiment des plus démunis, et qui en dit long sur les jeux d’influence en Afrique : voilà les ingrédients de ce brillant thriller qu’on ne lâche pas et qui vient d’obtenir le Prix Landerneau.Michèle

Kisanga, Emmanuel Grand, Liana Levi, 21 €

Manhattan Vertigo

Manhattan Vertigo pourra se lire comme un polar ou comme une chronique sociale et politique d’un NewYork où tout semble tourner autour de l’argent, de la possession (de biens ou de personnes) et du pouvoir.

Situé au bord de Central Park, ce Manhattan huppé est celui de l’entre-soi. On s’invite, on se jalouse, on se jauge. Et l’on est prêt à tout pour obtenir ce que l’on veut. Le personnage principal est un avocat, collectionneur de cartes anciennes, qui ne reculera devant rien pour obtenir une carte dessinée par un aide de camp de George Washington. Il est le voisin d’un richissime américano-libanais, en couple avec la jeune et belle Jennifer (une sorte de Rastignac version pom-pom girl texane partie à la conquête de Manhattan.) Et voilà qu’un jour, débarque de sa ferme texane, Bill, l’ex-petit ami de Jennifer.Tout bascule alors: meurtres, kidnappings, tueurs à gage mexicains ….

Ce thriller très rythmé et plutôt sophistiqué va vous plonger dans le monde impur des ultra riches de la Grosse Pomme.Michèle

Manhattan Vertigo, Colin Harrison (traduit de l’américain par Michael Belano), Belfond Noir, 20.90 €

Dans les angles morts

Ce roman a des allures de thriller, mais ce n’est pas « un polar ». Il s’ouvre pourtant sur la découverte du corps de Catherine Clare ; son mari George Clare apparait d’emblée comme le coupable idéal. Mais la résolution de l’enquête est annexe.

Elizabeth Brundage, revient sur l’histoire de ce couple et surtout de la ferme où ils ont emménagé, et qui est un personnage à part entière du roman… Cette maison abrite toute la mémoire d’une famille de paysans qu’ils l’ont habitée, sur plusieurs générations, jusqu’à ce que la crise du monde rural touche de plein fouet la dernière génération d’exploitants et laisse trois garçons livrés à eux-mêmes, qui observent les nouveaux propriétaires : George Clare, professeur d’histoire de l’art et son épouse Catherine, qui a délaissé son activité de restauratrice de fresques pour s’occuper de leur petite fille Franny.

Elizabeth Brundage nous fait découvrir par petites touches la vie des quelques couples qui ont choisi de vivre à la campagne, mais pas trop loin de New York.

Un très beau roman sur la vie à deux, la solitude à deux et la quête d’un idéal.Michèle

Dans les angles morts, Elizabeth Brundage (traduit de l’américain par Cécile Arnaud), Quai Voltaire, 23.50 €

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