Sélection romans rentrée littéraire 2016

anguille-sous-rocheToute la sélection

Spéciale Rentrée littéraire

du petit déjeuner du 11 septembre 2016

Anguille sous roche

Rencontre avec l’auteur à l’occasion de sa venue exceptionnelle en France :

Jeudi 13 octobre à 19h30

Tourbillonnante révélation dans cette rentrée littéraire, Ali Zamir, auteur comorien de 27 ans, signe un premier roman inoubliable. Un phénomène, vous dis-je.

Alors qu’elle est sur le point de se noyer dans l’océan indien, une jeune femme prénommée Anguille, nous livre le récit de sa vie…d’un seul souffle et d’une seule phrase -car ce roman n’en contient qu’une.

Alors que le lecteur trouve très vite sa propre respiration, il n’en plonge pas moins dans une « aventure verbale » envoûtante : nous ferons la connaissance de son père Connaît-Tout qui fait le choix de prénommer ses filles jumelles de noms d’animaux pour mieux les armer dans la vie. C’est sous cette drôle d’étoile que naissent Anguille et sa soeur Crotale. Mais il sera aussi question de Vorace, un pêcheur « bâti à chaud et à sable » qui fait vriller le coeur d’Anguille.

D’amour en désillusion, d’attachement en solitude, Anguille nous chavire, nous prend au col pour vérifier que nous sommes bien là pour l’écouter une dernière fois, dans toute sa fougue, sa rage et sa lucidité magnifiques, jusqu’à nous arracher un dernier souffle de lecteur.

Ecrit directement en français, qui n’est pas sa langue maternelle, Ali Zamir créé une langue inventive, qui sursaute, se rebelle et s’évanouit : il nous ouvre à lui seul un nouveau monde littéraire fascinant. Un parfait OVNI dont les éditions du Tripode ont le merveilleux secret.

Anguille sous roche, Ali Zamir, Le Tripode, 19 €


garcon-malteLe garçon

Rencontre avec l’auteur

Jeudi 1er décembre à 19h30

Il faut user de ce terme avec parcimonie, pourtant je n’hésiterai pas à qualifier ce roman de chef d’oeuvre.

Par son ampleur romanesque tout d’abord : voici plus de 500 pages où l’on suit la trajectoire du Garçon, de 1908 à 1938. Le garçon, on ne lui connaît pas de nom, pas de prénom : il a grandi seul avec sa mère, à l’état sauvage, dans une contrée reculée de France. De sa voix, on n’entendra pas une seule fois le son tout au long de sa vie, car si le garçon comprend le langage, il ne le parle pas.

Le roman débute alors que le garçon porte sa mère mourante sur son dos : « la seule infime différence entre le sommeil et la mort est ce frêle filet d’air qui filtre par les narines. Le garçon le reçoit dans le bas de la nuque. C’est aussi ténu que la chute de flocons de cendre. »

Dès lors le garçon quitte l’abri qu’il a toujours connu, marche pendant des jours jusqu’aux limites de son territoire et franchit le seuil d’un nouveau monde, celui des premiers hameaux et hommes qu’il découvre alors.

Ayant le défaut d’être différent, il se heurte à la suspicion des villageois ; le voici de nouveau sur les routes, à reprendre le chemin de l’errance et des rencontres…parfois lumineuses. Ainsi le tonitruant Brabek qui sillonne le pays à bord de sa roulotte, et plus tard Emma…ah, Emma, « une femme qui sera pour lui soeur, amante et mère » tandis que la Grande Guerre le plonge trop vite dans la plus grande violence. Les soubresauts de l’histoire ne cesseront d’emporter le garçon vers d’autres rives…

La grandeur de ce roman ne pourrait tenir qu’à la richesse des thèmes explorés. Mais il l’est aussi par son écriture éblouissante, virtuose, d’une puissance visuelle à vous faire frissonner de la tête aux pieds. Il l’est enfin par sa construction narrative totalement maîtrisée, jamais convenue ni attendue, qui alterne accélérations dans le temps et instants suspendus qui s’étirent sur plusieurs pages avec grâce et poésie. Une lecture rare et inoubliable.

Le garçon, Marcus Malte, Zulma, 23,50€


archipel-autre-vieL’archipel d’une autre vie

Dans l’immensité de la taïga, Pavel et quelques hommes, sous le commandement du zélé Louskass, doivent capturer le fugitif armé d’un camp de prisonniers voisin.

Mais chaque jour passe et l’évadé les devance et leur échappe, comme un mirage inaccessible. Les nerfs s’usent tandis que le doute s’installe chez certains, secrètement enfoui dans leurs pensées…quelle obstination peut-on avoir à fuir dans le froid, pour aller où, si ce n’est vers la mort, à force d’épuisement et de blessures ? N’y a-t-il pas là un acte au courage fascinant…et respectable ?

Quelques années avant la mort de Staline, cette traque va changer à jamais le destin de Pavel pour qui s’ouvre la possibilité d’une passerelle vers une autre vie.

Andreï Makine signe une quête magnifique vers des horizons inconnus, au travers de ces grands

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espaces que sait si bien décrire ce grand romancier.

L’archipel d’une autre vie, Andreï Makine, Seuil, 18 €


sur-cette-terre-cielSur cette terre comme au ciel

Davidu grandit dans les rues de Palerme, terrain de jeu où les règlements de

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compte de la mafia côtoient les rixes des gamins. Dès l’âge de 9 ans, vibre dans ses poings une rage de cogner, pour défendre la belle Nina à l’odeur de « citron et de sel » qui fait chavirer son coeur. Il porte l’héritage de son père, un célèbre boxeur aux doux surnom de Paladin, mort peu avant sa naissance.

Auprès de son oncle Umbertino, Davidu forge ses techniques de combat et son éducation sentimentale. Inspiré aussi par son grand père Rosario, il apprend ce qu’a vécu ce personnage magnifique, taiseux, à l’immense force intérieure : mobilisé en Afrique pendant la guerre, il fut l’un des seuls survivants revenu.

Porté par les destins croisés d’une famille ancrée dans une Sicile bombardée puis secouée par la mafia, Davidu y mêle ses propres combats pour essayer de remporter le titre de champion national. Un premier roman évènement en Italie, finaliste du Prix Strega, Sur la terre comme au ciel est une superbe découverte de cette rentrée littéraire.

Sur cette terre comme au ciel, Davide Enia (traduit de l’italien par Françoise Brun), Albin Michel, 22 €


le-grand-jeuLe grand jeu

Après Faillir être flingué (Prix du Livre Inter), Céline Minard revient en force : la narratrice de son nouveau roman fait le choix de se reculer du monde dans un refuge high tech, pour y vivre en totale autarcie.

Depuis son habitat suspendu à une falaise, encadré par le vide et le ciel, la femme s’interroge : « Je dois savoir si la détresse est une situation, un état de corps ou état de l’esprit ».

Au fil de ses journées rythmées par les travaux du jardin ou l’exploration de son territoire, franchissant escarpements et à-pics, elle éprouve l’effort, le danger, le risque.

Dans ce décor minéral s’offrent à elle des répits poétiques : « Immobile, un bosquet de bambou ne fait que strier l’espace, diffracter la lumière et les moindres souffles du vent ».

Un jour, balayant l’horizon de ses jumelles, elle aperçoit une silhouette humaine. Cette seule présence, même lointaine, vient rebattre les cartes du grand jeu de la solitude…jusqu’à quel point ?

De son écriture acérée et rythmée, Céline Minard englobe l’immensité des paysages et de notre place dans le monde tout comme elle zoome sur la fragilité éphémère de l’existence. Une lecture vertigineuse qui questionne profondément et dont on ressort transformé.

Le grand jeu, Céline Minard, Rivages, 18 €


origamiMonsieur Origami

Parler de ce roman, c’est déjà trop en dire.

Dans ces quelques 160 pages à l’écriture dépouillée, il sera question du célèbre papier japonais « washi », d’une ruine en Toscane, de maître Kurogiku, du projet fou d’une montre contenant toutes les mesures du temps, de méditation, d’une panthère noire et de l’idée que « toute beauté a sa part d’ombre ».

Un premier roman aussi sobre que profond, aussi poétique qu’instructif, dont on referme les dernières pages comme les yeux, en silence, et muet d’admiration.

Monsieur Origami, Jean-Marc Ceci, Gallimard, 15 €


desorientaleDésorientale

Rencontre avec l’auteure

Vendredi 30 septembre à 19h30

Premier roman incontournable de cette rentrée, le récit coloré et profond de l’auteur d’origine iranienne Négar Djavadi.

« Si Robinson Crusoé était iranien, il se laisserait mourir dès son arrivée sur l’île et l’affaire serait réglée. » Ainsi s’exprime Kimia, une jeune iranienne coincée dans la salle d’attente d’un hôpital parisien, bien morne et silencieuse à son goût. Il en serait tout autrement dans son pays où : « raconter, conter, fabuler, mentir dans une société où tout est embûche et corruption, où le simple fait de sortir acheter une plaquette de beurre peut virer au cauchemar, c’est rester vivant. C’est déjouer la peur, prendre la consolation où elle se trouve, dans la rencontre, la reconnaissance, dans le frottement de son existence contre celle de l’autre. »

Kimia nous raconte alors avec talent : l’histoire de son pays, qu’elle ponctue de notes précieuses en bas de page, pour nous éviter, dit-elle, d’aller chercher dans Wikipédia…celle aussi de son oncle Saddeq, le « dépositaire de la légende familiale », inimitable de drôlerie…celle de ses parents, Darius et Sara, intellectuels opposants au régime…et la sienne qui fait le lien parfois difficile entre culture française et iranienne.

Dans ce récit qui entrelace les époques et les personnages, Négar Djavadi nous invite dans son roman comme dans un palais. On tend le cou pour voir où mène d’avance les couloirs de son récit, mais ici, c’est bien elle qui décide de nous ouvrir les portes dérobée pour rassasier notre curiosité ou les fermer d’un « mais ça c’est une autre histoire ».

Une plume généreuse qui aborde aussi des thèmes durs et forts sur l’identité, et vient cueillir ainsi notre émotion avec d’autant plus de surprise que ne le laissait présager son apparente légèreté.

On dévore ces pages le sourire aux lèvres, émerveillé de parcourir un roman qui parvient à être à la fois instructif et complètement réjouissant.

Désorientale, Négar Djavadi, Liana Levi, 22 €

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