Rentrée littéraire d’hiver 2022

La dame d’Alexandrie

Claire débarque au Liban dans un couvent hors du temps surplombant une vallée : elle vient y travailler pour Hortense, une sociologue qui mène des recherches sur une famille ayant vécu l’exil et ses déchirements.

L’objet même de cette recherche obstinée reste mystérieux : Hortense a-t-elle un lien avec cette famille ? C’est ce que Claire tente de comprendre, tout en naviguant dans les eaux troubles de son propre passé, ayant quitté le Liban à l’âge de 13 ans.

Décor suranné, lumière tamisée et pas feutrés…la douceur des lieux contraste avec l’orage qui s’annonce. Dans cette valse élégante des confidences, les deux femmes creusent au plus profond de leurs secrets.

La dame d’Alexandrie, Yasmine Khlat, éditions Elyzad

Le roi fantôme

1935 : les troupes de Mussolini envahissent l’Ethiopie, l’empereur Hailé Sélassié s’effondre : face à son abattement et son silence, une résistance se lève et s’organise dans les villages.

Autour de quelques personnages puissants, Kidane en chef guerrier, sa fière épouse Aster et leur domestique Hirut, Maaza Mengiste nous entraîne dans un récit épique, un chant de révolte magnifique.

Le roi fantôme, Maaza Mengiste, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Serge Chauvin, éditions de L’Olivier

La patience des traces

Un roman de Jeanne Benameur est toujours la promesse d’une lecture poétique et apaisante.

Simon est psychanalyste : il a passé sa vie à écouter les autres, si bien qu’il ne s’entend plus lui-même. A l’image du bol de faïence qui se brise un matin dans sa cuisine, quelque chose en lui se rompt…Il décide de prendre un aller sans retour pour le Japon où il séjourne chez Akiko, collectionneuse de tissus anciens et Daisuke, céramiste.

Aux côtés de personnages délicats, Jeanne Benameur nous ouvre un monde paisible, raffiné, où règnent la beauté des silences et l’écoute de l’autre.

La patience des traces, Jeanne Benameur, Actes Sud

Amour extérieur nuit

Lors d’une banale réunion de travail, Sarah rencontre Karim, un avocat parisien venu quelques jours à Alger pour le travail. Elle ressent l’envie immédiate de l’emmener dans le tourbillon d’Alger, cette ville qu’il ne reconnaît presque plus mais dont il garde une profonde nostalgie.

Mina Namous décrit l’histoire d’un amour entre deux rives, qui oscille entre un avenir sans issue et les souvenirs à rebours, rythmé par les départs et les arrivées entre Paris et Alger. Un amour de l’ombre et des grands jours éclatants…mais à destination de quel rivage ?

Une écriture toute en retenue qui immerge dans l’atmosphère rieuse et désenchantée d’Alger.

Amour extérieur nuit, Mina Namous, Dalva

Le livre des heures

Fin XVe siècle à Paris : Marguerite vit au dessus de l’atelier d’enluminures de sa famille, qui réalise des livres de prières. Si sa mère cherche à la marier, Marguerite n’aspire qu’à observer, toucher les pigments : blanc de céruse, lapis lazuli, malachite…

L’écriture subtile de Anne Delaflotte Mehdevi nous immerge dans un monde de couleurs et de sensualité naissante qui déterminera le destin de la jeune femme.

Le livre des heures, Anne Delaflotte Mehdevi, Buchet Chastel

Bleu nuit

Après son premier roman Mauvaises herbes, Dima Abdallah nous enveloppe à nouveau de son écriture dense et ardente.

Comme sortant d’un long sommeil, le narrateur de Bleu nuit franchit un jour le seuil de son appartement parisien où il est resté reclus, pour errer désormais près du cimetière du Père Lachaise.

Fouillant les vestiges de la mémoire où se côtoient souvenirs douloureux et mélancoliques, Dima Abdallah livre le portrait bouleversant d’un homme qui se fond dans le bleu nuit de son passé.

Bleu nuit, Dima Abdallah, Sabine Wespieser

 

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